Démarchages abusifs et fraudes au DPC, comment les repérer

Faux appels au nom de l’ANDPC, de la HAS, de votre ordre ou de l’ARS : l’Agence nationale du DPC alerte sur des démarchages frauduleux visant à soutirer leurs identifiants aux professionnels de santé. Qui sont ces démarcheurs, quels arguments utilisent-ils, que risquez-vous et comment réagir.

Illustration d'un telephone cyber protégé

De plus en plus de professionnels de santé signalent à l’Agence nationale du DPC (ANDPC) des comportements douteux visant à leur soutirer leurs données personnelles, à prendre la main sur leur compte ou à les inscrire à des actions de DPC qu’ils n’ont pas choisies. Grâce aux témoignages de professionnels et d’anciens commerciaux, l’Agence a rendu publiques les pratiques de ces démarcheurs. Voici l’essentiel à connaître pour ne pas vous faire piéger.

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À retenir : ni l’agence du DPC, ni la HAS, ni votre ordre professionnel, ni l’ARS ne vous contactent par téléphone. Un appel qui se présente en leur nom est une usurpation d’identité.

Qui sont ces démarcheurs ?

Ces commerciaux se présentent de trois façons différentes.

Usurpation d’identité
Au nom d’un organisme officiel
Ils se présentent au nom de l’agence du DPC, de la HAS (Haute Autorité de Santé), de votre ordre professionnel ou de l’ARS.

Structures inventées
De fausses structures
Ils inventent une structure : un « Centre de suivi du DPC », un « Cabinet d’accompagnement des professionnels de santé » (CAPS) ou encore un « Cabinet d’Accompagnement du Corps Médical » (CACM).

Faux intermédiaires
Entre organismes de formation et professionnels de santé
Ils se présentent comme « intermédiaires » entre les organismes de formation et les professionnels de santé.

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Ces structures sont fausses, n’existent pas, ne sont mandatées par personne et n’ont aucune légitimité.

Les arguments utilisés pour vous inquiéter

Les démarcheurs s’appuient sur des messages anxiogènes. Voici les points d’accroche sur lesquels rester vigilant :

Votre dossier ou votre indemnité serait « bloqué(e) ».
La HAS aurait demandé de revoir avec vous vos évaluations des pratiques professionnelles.
Votre dossier ne serait pas à jour et l’ANDPC aurait bloqué votre prise en charge.
Vous n’auriez pas terminé votre obligation de DPC et risqueriez une sanction, avec une proposition de « vous aider à vous mettre en conformité ».
En cas de manquement, vous risqueriez une interdiction temporaire d’exercer et/ou une amende pouvant aller jusqu’à 3 000 €.
Ils proposent de vous accompagner pour remplir vos audits ou vos QCM, « en 5 minutes ».
Vous perdriez votre indemnisation si le dossier n’est pas mis à jour avec eux.
2026 serait très probablement la dernière année d’indemnisation : plus tôt vous réservez, plus tôt votre indemnité serait « sécurisée ».

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Selon l’ANDPC, tous ces arguments sont faux et ne visent qu’à vous inquiéter pour que vous leur donniez la main.

Les 4 étapes de l’usurpateur

1
Se faire passer pour l’ANDPC ou un intermédiaire
L’appelant se réclame d’un organisme officiel ou d’une structure censée accompagner les professionnels de santé dans leur DPC.

2
Mettre la pression avec de fausses informations
Il laisse entendre que vous risquez une sanction si vous ne suivez pas telle formation.

3
Faire semblant de vous aider
Il vous propose de faire les démarches à votre place pour vous faire gagner du temps.

4
Récupérer identifiants, mots de passe et codes
Il ne lui reste plus qu’à vous inscrire aux formations qui l’arrangent et à modifier votre RIB.

Des demandes qui doivent vous alerter immédiatement

Au cours de l’appel, le démarcheur cherche à basculer vers vos données professionnelles. Méfiez-vous s’il vous demande de :

Confirmer votre numéro de mobile personnel.
Réinitialiser votre mot de passe avec lui, sous prétexte que votre compte est bloqué.
Lui communiquer votre identifiant et votre mot de passe pour réaliser l’inscription à votre place.
Lui confirmer vos coordonnées bancaires pour « verser votre indemnité ».

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Ces exemples sont issus de situations réelles, traitées par l’Agence.

Que risquez-vous ?

Votre mot de passe, associé à votre identifiant, est la clé d’accès à votre compte. Si des fraudeurs les obtiennent, même temporairement, ils peuvent :

Vous inscrire aux actions de DPC déployées par l’organisme commanditaire des appels, quel que soit votre besoin, pour percevoir davantage de financements de l’Agence. Cette inscription forcée peut se faire « à l’usure », avec ou sans que vous le sachiez.
Vous désinscrire sans votre accord d’actions de formation proposées par des concurrents, pour vous inscrire à l’une de leurs formations.
Modifier tous les champs de votre profil, y compris vos coordonnées bancaires, et remplacer votre RIB par un autre sur lequel seraient versées vos indemnisations.

Raccrochez, bloquez et signalez

Dès que vous entendez « nous sommes mandatés par l’ANDPC ou la HAS » ou « nous sommes des intermédiaires pour le DPC », dites que vous allez les dénoncer, puis raccrochez et bloquez le numéro.

Trop tard ? Limitez les dégâts

Un moment d’inattention et ils ont obtenu votre mot de passe ? Voici les réflexes à avoir sans attendre :

1
Modifier immédiatement votre mot de passe
Vérifiez que vous avez toujours accès à votre espace et qu’aucune modification de vos informations n’a été effectuée à votre insu.

2
Vous désinscrire si besoin
Si vous avez été inscrit contre votre gré, désinscrivez-vous depuis votre extranet, ou en contactant directement l’organisme (et non le démarcheur).

3
Signaler les faits à l’ANDPC
Faites un signalement auprès de l’Agence, via son formulaire de contact.

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Un doute ? L’ANDPC indique pouvoir être contactée par téléphone au 01 48 76 19 05. Elle annonce par ailleurs la mise en place prochaine d’une authentification forte, qui renforcera la sécurité des données, mais rappelle que le meilleur dispositif ne protège pas si vous communiquez vous-même vos codes.

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Questions fréquentes

L’ANDPC, la HAS, mon ordre ou l’ARS peuvent-ils m’appeler pour mon DPC ?

Non, aucun d’entre eux ne contacte les professionnels de santé par téléphone à ce sujet. Un appel qui se présente en leur nom est une usurpation d’identité.

Qu’est-ce qu’un « Centre de suivi du DPC », un CAPS ou un CACM ?

Ce sont de fausses structures, qui n’existent pas, ne sont mandatées par personne et n’ont aucune légitimité, selon l’ANDPC.

Mon dossier DPC est-il vraiment bloqué si on me le dit au téléphone ?

Non. « Dossier bloqué », « prise en charge suspendue », « sanction imminente » ou « dernière année d’indemnisation » sont des arguments utilisés pour vous inquiéter. Selon l’ANDPC, ils sont faux.

Que risque-t-on si un fraudeur obtient son identifiant et son mot de passe ?

Il peut vous inscrire à des actions de DPC sans votre accord, vous désinscrire d’actions choisies, et modifier les champs de votre profil, y compris vos coordonnées bancaires, pour détourner vos indemnisations.

Que faire en cas d’appel suspect ?

Dire que vous allez dénoncer l’appelant, raccrocher et bloquer le numéro.

Que faire si j’ai déjà communiqué mon mot de passe ?

Le modifier immédiatement, vérifier qu’aucune information de votre profil n’a été changée à votre insu, vous désinscrire des actions auxquelles vous avez été inscrit contre votre gré (depuis votre extranet ou en contactant directement l’organisme, pas le démarcheur), et faire un signalement à l’ANDPC.

Source : Agence nationale du DPC, fiche « Fraudes, usurpations d’identité, démarchages abusifs : professionnels de santé, ce qui doit vous alerter ».

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